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MESSE CHRISMALE 2024 A LA CATHEDRALE SAINT PAUL D’ABIDJAN

Ce mardi 26 mars 2024, son éminence Jean-Pierre cardinal KUTWA cardinal a présidée dans sa cathédrale la traditionnelle Messe chrismale.

Au cours de cette messe il y avait de nombreux prêtres, religieux, religieuses et laïcs.

  Devant l’ordinaire du lieu, les prêtres ont renouvelés leurs promesses sacerdotales.

Après cela, le cardinal  a procédé a la bénédiction des huiles sainte : huile des malades, des catéchumènes et à la consécration du chrême.

L’on notait la présence de Monseigneur Louis PORTELLA, évêque émérite KINKALA au Congo

 

Père Jean-Baptiste DIAHOU

 

 

 


 

 

MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE CHRISMALE

Cathédrale Saint Paul du Plateau Abidjan 
Mardi 26 mars 2024

‘‘La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel. C’est ce que le Seigneur reprochait aux pharisiens… Il s’agit d’une manière subtile de rechercher ‘‘ses propres intérêts, non ceux de Jésus-Christ’’… Elle prend de nombreuses formes, suivant le type de personne et la circonstance dans laquelle elle s’insinue. Du moment qu’elle est liée à la recherche de l’apparence, elle ne s’accompagne pas toujours de péchés publics, et, extérieurement, tout semble correct. Mais si elle envahissait l’Église, ‘‘elle serait infiniment plus désastreuse qu’une quelconque autre mondanité simplement morale.’’ Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium n°2                                                                   

Excellence et cher frère Louis PORTELLA, Evêque émérite de KINKALA au Congo,
Nosseigneurs Jean Baptiste AKWADAN et Richard ANOU, Prélats de Sa Sainteté,
Chers confrères dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs,

Nous voici dans la dernière ligne droite qui nous conduit à Pâques ! Tout le temps de ce carême qui s’achève, nous nous sommes efforcés, avec des fortunes diverses, de rendre fructueux ce temps d’entrainement au combat spirituel. En effet, tout au long de ce carême, nous étions invités à préparer nos cœurs par la pénitence et la pratique de la charité, le tout soutenu par la prière. Je prie pour que Dieu Lui-même rejoigne chacun de nous là où il est parvenu, afin que la joie de Pâques irradie chacune de nos vies, pour la gloire de ce même Dieu, et pour notre bonheur à nous !

La mondanité dont je faisais allusion au début de mon propos, c’est le fait d’être du monde, de lui appartenir ou encore, d’avoir des occupations et des relations sociales superficielles et propres à la vie du monde. En affirmant que si la mondanité spirituelle ‘‘envahissait l’Église, elle serait infiniment plus désastreuse qu’une quelconque autre mondanité simplement morale’’, j’ai voulu à la suite de notre Saint Père le Pape François, attiré notre attention sur l’urgence à agir !

En effet, notre vie de foi ne peut pas se vivre comme au brouillon, quitte à essayer de la mettre au propre plus tard. En nous retrouvant ce jour pour la messe chrismale, je voudrais nous inviter tous, à saisir la portée profonde du moment solennel que nous allons vivre, par les bénédictions des huiles qui serviront aux sacrements, par la consécration du saint chrême et enfin, par la rénovation des promesses sacerdotales de vos prêtres, toutes choses qui sont intimement liées les unes aux autres ! C’est notre intérêt donc, de mettre tout le sérieux et avec toute l’attention requise, pour participer activement à cette célébration et non pas assister, comme en spectateurs indolents, à regarder nos montres pour savoir à quel moment la célébration prendrait fin !

En octobre dernier, à l’occasion de la rentrée pastorale, j’attirais déjà notre attention sur le fait que ‘‘les défis et les enjeux qui nous interpellent chaque jour sont nombreux. Nous ne devons jamais nous laisser distraire par le mirage de cette fameuse ‘‘Nouvelle Éthique Mondiale’’ qui veut nous donner un monde sans Dieu. J’avais poursuivi en affirmant que ‘‘l’heure n’est pas à la fermeture sur soi, en soi. Nous sommes bien invités à… sortir de notre culture, de notre petit monde façonné à notre guise, pour emprunter, de façon résolue et décisive, le chemin de la foi, de la solidarité et de l’amour. Il s’agit là du véritable antidote contre ce monde indifférent à Dieu et l’homme.’’

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur (Jr 3,15).

Chers frères et sœurs,

C’est par ces mots que débutent l’Exhortation Apostolique Post-Synodal PASTORES DABO VOBIS du Saint Pape Jean Paul II adressé à l’Episcopat, au Clergé et aux fidèles sur la formation des prêtres dans les circonstances actuelles. Ces mots m’ont paru les plus adéquats alors que nous célébrons aujourd’hui, la messe chrismale que je souhaite pour cette année, ne pas être une de plus, comme celle qui nous avons célébrées jusqu’à ce jour, mais un moment de profonde introspection pour tous, prêtres et fidèles laïcs que nous sommes, eu égard aux défis toujours plus grands et plus nombreux qui se présentent à nous.

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur (Jr 3,15).

Si ces paroles du prophète Jérémie semblent avoir pour cible principale le peuple de Dieu, il est bon de savoir qu’elles résultent du comportement de ce même peuple, décrit comme une femme inconstante et infidèle, une prostituée obstinée qui ne cesse d’abandonner le Seigneur ! Les responsabilités ici sont partagées : si le peuple s’est dévoyé, s’il s’est fabriqué d’autres dieux, n’est-ce pas justement d’une part à cause de son avidité et parque les maîtres, prêtres, dirigeants ou prophètes, n’ont pas su jouer le rôle qui est le leur d’autre part, contrairement au prophète Jérémie ?

Depuis quelques années, je ne cesse d’attirer l’attention de vos prêtres sur la nécessité toujours actuelle et toujours plus grande, d’un réarmement moral et spirituel. Ce souci que je porte, je voudrais encore une fois, alors qu’ils vont renouveler les promesses de leurs engagements sacerdotaux, y revenir afin qu’ensemble, nous prenions davantage conscience de ce qu’ils sont devenus par la grâce de Dieu et le truchement de leur ordination, qui a fait d’eux, des prêtres de Jésus-Christ, des intendants de ses saints mystères !

Ce renouveau que j’appelle de toutes mes forces, rejoint bien le thème de notre année pastorale. Je voudrais rappeler à votre souvenir que je disais : ‘‘à notre vocation comme peuple convoqué par Dieu en Église synodale, c’est-à-dire en Église de communion et de service, est liée notre responsabilité vis-à-vis de cette même Église, vis-à-vis du monde qui reste encore l’Église à rassembler sous un seul et unique chef, le Christ. Il s’agira cette année pastorale, d’affirmer notre ‘‘être Église’’ qui est essentiellement communion et service. Il n’est surtout pas question de rechercher une quelconque place, ou de vouloir imposer un pouvoir ou même une parole. L’Église synodale, c’est la communauté qui prend conscience qu’elle est le corps du Christ, et qui marche à sa suite cherchant à le rendre présent dans le monde.’’ Fin de citation.

         Participer donc à cette célébration eucharistique, c’est prendre l’engagement de faire en sorte que les prêtres que Dieu vous donne, correspondent chaque jour davantage à ce qu’Il attend d’eux pour son peuple, à savoir, des pasteurs selon son cœur !

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur (Jr 3,15).

Chers confrères,

Comme je le disais plus haut, si ces paroles du prophète Jérémie semblent avoir pour cible principale le peuple de Dieu, c’est en nous référant au contexte de sa rédaction, que nous parviendrons à saisir la portée de ce qui est attendu des prêtres que nous sommes. En effet, le livre du prophète Jérémie nous le présente bien souvent comme étant seul ou presque contre tous, mais fidèle jusqu’au bout à la mission dont Dieu l’a chargé. Nous aussi, il nous faut tout mettre en œuvre pour ne pas être doublement disqualifiés : d’abord, pour n’avoir pas su conduire le troupeau confié à notre soin pastoral, mais également, pour nous-mêmes, nous être égarés, quand viendra le Maître de la moisson.

En parlant de réarmement moral et spirituel des prêtres, j’ai en idée que le renouvellement de nos promesses sacerdotales nous invite à ne jamais oublier les obligations attachées à nos engagements à savoir : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à Lui ressembler, renoncer à nous-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à nos charges ministérielles, célébrer les sacrements et enfin annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement ! En toute honnêteté et en toute vérité, est-ce bien ainsi que nous vivons et exerçons notre ministère sacerdotal ?

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur (Jr 3,15).

Chers confrères dans le sacerdoce,

Il me plaît de citer encore l’Exhortation Apostolique Post-Synodal PASTORES DABO VOBIS : ‘‘le don de Dieu ne détruit pas la liberté de l'homme, mais la suscite, la développe et la demande. Aussi, dans l'Église, la confiance totale dans la fidélité inconditionnelle de Dieu à sa promesse va de pair avec la grave responsabilité de coopérer à l'action du Dieu qui appelle, de contribuer à créer et à maintenir les conditions dans lesquelles le bon grain, semé par Dieu, peut prendre racine et porter des fruits abondants…’’ n°2

C’est au nom de ces fruits abondants que je vous exhorte à ce réarmement moral et spirituel. Nous avons tant à faire et à donner, par fidélité à Celui qui ne nous appelle plus ses serviteurs, mais désormais ses amis, comme hier nous l’avons vu au cours de notre journée du sacerdoce. Demain est déjà trop tard pour nous engager sur ce chemin ! Au nom du Seigneur, prenons dès aujourd’hui, cet engagement !

Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur (Jr 3,15).

Chers confrères,

Voici le dessein de Dieu pour nous et pour son peuple. Une question me vient à l’esprit cependant : mesurons-nous la gravité d’un refus des pasteurs que nous sommes face à cette proposition d’alliance de la part de Celui à qui nous voulons consacrer toute notre vie ? La première lecture de ce jour est assez éclairante quant au choix que Dieu Lui-même a porté sur nous : ‘‘j’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur.’’

Oui, parce que nous avons été choisis, nous avons une grande responsabilité : ‘‘c’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre’’ nous dit la première lecture. Voici tout un programme de vie ! Par ailleurs, c’est à dessein que je n’ai pas voulu évoquer les scandales dans nos rangs, ici comme ailleurs ! Et comme l’an dernier, il me plaît de rappeler que ‘‘configurés au Christ, nous ne pouvons pas et nous ne devons plus nous satisfaire de peu face à ce monde qui est de plus en plus exigeant, une exigence qui est en fait un appel à satisfaire sa soif de Dieu !’’

Chers fils,

Pour terminer, je voudrais faire miens, les paroles et les intentions des Pères synodaux dans le message final du Synode au Peuple de Dieu : ‘‘pleins de reconnaissance et d'admiration, je me tourne vers vous qui êtes nos premiers collaborateurs dans le ministère apostolique. Votre rôle dans l'Église est vraiment nécessaire et irremplaçable. C'est vous qui portez le poids du ministère sacerdotal et qui avez un contact direct avec les fidèles. Vous êtes les ministres de l'Eucharistie, les dispensateurs de la miséricorde divine dans le sacrement de la Pénitence, les consolateurs des âmes et les guides de tous les fidèles dans le tourbillon des difficultés de la vie d'aujourd'hui.

Je vous salue bien affectueusement et de tout notre cœur et vous exprime ma profonde gratitude. Je vous exhorte à persévérer dans cette voie avec joie et enthousiasme. Ne cédez pas au découragement. Notre tâche n'est pas nôtre, mais celle de Dieu. Celui qui nous a appelés et qui nous envoie demeure avec nous, tous les jours de notre vie. En effet, nous œuvrons, mandatés par le Christ !’’ n°4

A tous, je souhaite une bonne montée vers Pâques et un joyeux anniversaire de naissance aux pères KOUAME Aguia Jean Martial Arnaud, AMON Assémian Jean Pascal, MOBIO Ahouanan Jean Michel et YAPO Ogou Jean Parfait. Je prie pour qu’encore et toujours, la résurrection du Christ ouvre de nouvelles possibilités pour notre monde, Lui qui vis et règne, pour les siècles des siècles ! Amen.    

+ Jean Pierre Cardinal KUTWà
Archevêque Métropolitain d’Abidjan