MOT D’OUVERTURE RENTREE PASTORALE 2026/2027
Excellences,
Révérends Pères,
Révérends Diacres,
Révérendes Sœurs,
Révérends Frères,
Chères sœurs, chers frères laïcs,
Distingués et honorables invités.
Souhait de bienvenue
Je vous souhaite la bienvenue. En réponse à mon invitation, prêtres, consacrés, laïcs, hommes et femmes, riches et pauvres, intellectuels de tous niveaux, enfants, jeunes et vieux, vous êtes accourus. Vous avez convergé vers la cathédrale, siège du diocèse d’Abidjan. Vous êtes venus rendre visible l’Eglise, qui, comme vous le savez, est une assemblée, un rassemblement. L’Eglise, c’est le peuple de Dieu, rassemblée et en marche vers l’éternité ; l’Eglise, c’est le peuple de Dieu, dont le style de vie est synodal.
Ce style appelle la marche ensemble, éclairés par l’Esprit Saint.
Cette assemblée se rend visible quand, autour de l’évêque, prêtres, consacrés et laïcs se retrouvent dans une communion sans faille. En tant qu’évêque, principe visible de communion, de charité et de paix, dans l’Eglise d’Abidjan, je vous accueille dans la diversité de vos paroisses, Congrégations, Instituts, statuts, charismes, ministères et vies.
Objet de ladite rentrée
Après la première rentrée pastorale qui vous a rassemblés aussi nombreux, pendant presqu’une semaine, celle-ci est la deuxième du genre. Elle est voulue moins longue, parce qu’elle se veut le prolongement de la première, et se situe à mi-parcours de la vision triennale. En tant que telle, l’actuelle rentrée pastorale diocésaine a un objectif précis ; elle n’a nullement pour finalité de proposer un nouveau thème d’année pastorale, encore moins une nouvelle vision. La vision que nous portons durera jusqu’en 2028. L’assemblée que vous constituez, voudrait, à cette rentrée pastorale, revenir sur l’année écoulée et tourner le regard vers l’année à venir. C’est donc une occasion d’arrêt pour faire le point, rendre compte à nous-mêmes, rendre compte, à nous tous, du chemin parcouru, nous faire, à nous-mêmes, une critique du présent, sans complaisance, argumentée, motivée pour mieux orienter l’avenir.
Retour sur une vision
C’est un impératif pour nous tous de faire un retour sur la vision pastorale que nous portons et qui est ainsi formulée : Eglise Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. Nous le savons, cette vision est le fruit d’une démarche synodale qui a commencé à la rentrée 2024, avec la consultation, tour à tour, de toutes les composantes de l’Eglise, à savoir : clercs, consacrés et laïcs. Le fruit de cette large consultation a été recueilli et synthétisé dans les dix commandements de la Communion, les dix commandements de la Participation, les dix commandements de la Mission. Pendant une année pastorale, celle de 2024/2025, nous avons décortiqué, clercs, consacrés et laïcs, les triples dix commandements, dans notre organisation de la mission, de la pastorale et de la gestion économique. C’est pour tirer tout le suc de cette première année pastorale, que nous avons dégagé la vision que nous connaissons tous par cœur, que nous récitons tous en chœur : Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous.
Les yeux qui voient loin, préviennent et orientent. Les yeux, bien fixés dans la tête, orientent la marche dans l’espérance et pour le bonheur. Il est donc d’une extrême urgence que les autres membres du corps se fient à ce que les yeux voient et que le cerveau communique aux autres membres du corps, qui ont tous leur utilité (Cf 1 Co 12, 12-26). Que chaque membre tienne sa place et participe à la vie du corps, à la marche du corps dont la direction, c’est-à-dire, le chemin, est indiquée par les yeux. C’est à cette condition que la vision deviendra action.
Retour sur une stratégie
Le retour sur une vision appelle nécessairement le retour sur une stratégie. Pour mettre en œuvre la vision diocésaine, un Plan d’Actions Stratégique a été produit. Il devrait être assimilé et implémenté à chaque niveau de responsabilité, par chaque structure, pour mettre en œuvre la vision du diocèse d’Abidjan, qui se veut une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. Un chronogramme a été prévu pour faire descendre cette planification jusqu’à l’échelle la plus basse. Une évaluation s’avère nécessaire, comme pour toute planification. Elle devra être, ici aussi, sans complaisance, argumentée, motivée, en vue de déceler et évaluer les écueils, les obstacles, les adjuvants, en vue d’une meilleure mise en œuvre.
Les écueils
Au nombre des écueils habituels, nous pouvons en mentionner trois : le rejet de la vision, le rejet de la planification et la planification pour tiroir. Le rejet de la vision porte en lui-même tous les éléments de la léthargie, dans sa mise en œuvre. La planification, qui lui est connexe, en prend inévitablement un coup, et devient inopérante. Toute planification est exposée à ses deux écueils qui n’ont pas manqué au Plan d’Actions Stratégique pour une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. A ces deux écueils s’ajoute celui, non moins important, imputé au sujet qui porte la vision et la planification ; ce dernier peut en faire des fossiles, bons pour l’archéologie et les musées. Face à ces écueils, deux niveaux de réactions nous ont été rendus visibles : réactions locales et réactions internationales.
Réactions locales devant les écueils
Au niveau local, c’est-à-dire de l’Eglise d’Abidjan, elle-même, des réactions d’adhésion et de rejet ont été constatées. Ces assises devront permettre de sous peser ces réactions locales, de les critiquer et de leur donner une suite convenable, en vue d’une marche consciente, tenant compte d’autres réalités comme les réactions de la hiérarchie de l’Eglise universelle.
Réactions de la hiérarchie devant les écueils
Si les réactions locales sont mitigées, celles de l’extérieur sont claires et encourageantes. Celle qui mérite une attention particulière, c’est la réaction de la hiérarchie de l’Eglise. Celle-ci s’est exprimée à deux reprises relativement à notre marche ensemble. La première réaction a apprécié la situation financière, révolutionnée, comme nous le savons, grâce aux objectifs financiers. Un satisfecit a été transmis à travers un tableau faisant état de l’évolution des offrandes impérées, de 2023 à 2025. Ce tableau indique clairement comment les offrandes pour le denier de saint Pierre et la collecte pour le pape selon le canon 1271 ont fait un saut fulgurant dans notre pays, et spécialement, dans notre Eglise-Famille de Dieu à Abidjan. Pour ne pas vous agacer avec les chiffres que l’économat vous donnera volontiers, mais pour vous encourager, il me plait de vous livrer l’appréciation de la Représentation Pontificale avec son commentaire : en 2023 le tableau indique 7 800 000 ; en 2024 : 5 000 000 et en 2025 : 41 000 000. Le commentaire vaut plus que les chiffres et il me plait de vous le transmettre : « Je vous sais gré pour le travail accompli et vous encourage à continuer à sensibiliser Vos diocésains en faveur de la Charité du Saint Père ». Sans attendre l’appréciation de cette Représentation Pontificale, je vous félicite déjà pour 2026 où le compteur indique 75 000 000. C’est le lieu de vous ovationner très fort pour l’approche, l’atteinte et même le dépassement de vos objectifs financiers.
Au-delà de l’appréciation de la Représentation Pontificale, nous partageons avec vous, celle de la haute autorité de Rome. Aux nouvelles de la vision et de la planification de la pastorale dans notre diocèse, une réaction est venue de Rome, qu’il convient de porter à la connaissance de tous : « …C’est pourquoi, je voudrais vous exprimer le soutien et la proximité du Saint Père en cette circonstance. Je souhaite également vous encourager sincèrement pour les directives générales que vous avez tracées pour votre circonscription ecclésiastique, ainsi que pour votre initiative louable visant l’autofinancement des activités pastorales. Cette vision, fidèle au principe évangélique de bonne intendance (cf Lc 16, 10), a contribué et contribuera à renforcer la responsabilité et la participation des fidèles dans la mission de l’Eglise. Toutefois, elle n’est pas totalement acquise. C’est pourquoi, il serait mieux de continuer la sensibilisation tout en tenant compte également de la réalité socio-économique de chaque paroisse afin de lutter contre les disparités ». Cet encouragement du Saint Siège, transmis par le Dicasterium pro evangelizatione, sonne comme un satisfecit pour la lutte d’une année, qu’ensemble, clercs en avant-garde, consacrés en arrière garde, laïcs en renfort, nous avons mené, sans relâche, pour l’autonomie par les dons, et contre les disparités. Ce maître mot par lequel se termine les encouragements du saint Siège est plus que significatif, pour orienter et renforcer la lutte commune : « afin de lutter contre les disparités ».
Des pas pour une marche plus alerte et plus sereine
Les différents écueils et les réactions de toutes provenances sont faits pour nous aider à réorienter la marche, à la construire sur des fondements plus solides, à allonger encore plus les pas, à nous serrer les coudes. Les présentes assises ont donc pour finalité de nous sensibiliser tous : clercs, consacrés, laïcs, en vue d’une marche dans la même direction, plus alerte et plus joyeuse. Cela suppose, au préalable, un retour sur l’année, avec arguments, avec courage, dans l’accueil de toutes les opinions pour un discernement communautaire, dans l’ordre, dans l’obéissance à l’Esprit Saint qui parle aux Eglises, à notre Eglise. Les paroisses, les Congrégations, les Instituts, les CEB, en un mot, toutes les structures et institutions d’Eglise, présentes dans le diocèse, doivent intégrer et la vision et le plan stratégique, pour une marche commune sans dispersion.
Ouvrons les yeux, le cœur
Pour notre marche ensemble, ouvrons les yeux ; ouvrons grands les yeux non pas pour dégager une autre vision ; ouvrons les yeux pour bien voir la vision déjà dégagée pour notre diocèse. Ouvrons les yeux dans la confiance, pour entrer dans cette vision qui est inspirée par l’Esprit Saint qui parle aux Eglises. Ouvrons nos yeux, ouvrons nos cœurs. Que nos cœurs entrent dans la vision d’une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. C’est dans la mesure où nos cœurs seront rassemblés autour de cette vision, que nous pourrons marcher libres et confiants.
Ouvrons nos yeux pour essayer de voir, ensemble, ce que je vois clairement, et que vous ne voyez pas encore clairement. C’est-là ce qui arrive dans la vie familiale, entre un père et ses enfants. Alors tenons-nous debout. Marchons courageusement, unis ensemble, dans une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. Courage !
Fait à Abidjan, le 13 septembre 2026
Cardinal Dogbo Ignace BESSI
Archevêque d’Abidjan

